L’Agence française de développement (AFD) et l’Agence nationale des ports (ANP) du Maroc ont conclu, le 3 novembre 2026 à Rabat, un troisième accord de financement de 100 millions d’euros. Ce prêt doit accompagner le programme d’investissement portuaire marocain 2023-2030, avec une attention particulière portée aux installations de la façade atlantique et des provinces du Sud.
Selon les informations communiquées, le financement prend la forme d’un prêt non souverain sur 13 ans, sans garantie de l’État marocain. Il doit couvrir plusieurs domaines : la réhabilitation des infrastructures portuaires, le développement des énergies renouvelables et du dessalement, la modernisation des ports de pêche ainsi que l’électrification des quais et la décarbonation des activités portuaires.
Une partie des investissements concerne les ports de Tan-Tan, Tarfaya, Laâyoune, Boujdour, Dakhla et Lamhiriz. Ces installations occupent une place dans la stratégie marocaine visant à développer les connexions maritimes sur la façade atlantique et à faciliter les échanges avec les marchés africains.
Cette orientation s’inscrit dans la stratégie portuaire nationale à l’horizon 2030, qui prévoit également de renforcer les infrastructures susceptibles de desservir les économies enclavées du Sahel, notamment le Mali et le Niger.
Cette politique intervient dans un contexte de progression du trafic portuaire. D’après les données du ministère marocain de l’Équipement et de l’Eau citées, les ports du Royaume ont traité 262,6 millions de tonnes de marchandises en 2025, contre 241,2 millions en 2024, soit une hausse de 8,9 %.
Tanger Med a notamment enregistré 10,3 millions d’EVP en transbordement de conteneurs, en progression de 7,9 % sur un an. Le développement de Nador West Med et l’extension prévue de Tanger Med, avec un nouveau terminal de 4,5 millions d’EVP confié à APM Terminals, s’inscrivent également dans cette évolution du réseau portuaire.
Le nouvel accord prolonge un partenariat financier engagé en 2012 entre l’AFD et l’ANP. Le premier prêt s’élevait à 50 millions d’euros, suivi d’un financement de 100 millions d’euros en 2020, accompagné d’une subvention de 800 000 euros.
Pour le Maroc, l’enjeu sera désormais de traduire ces investissements en capacités de traitement et en connexions logistiques effectives. La compétitivité des installations dépendra aussi de leur desserte terrestre, de leur attractivité auprès des armateurs et de leur capacité à capter des flux commerciaux régionaux.










