La Société nationale de raffinage du Cameroun (SONARA) a signé, le 22 octobre 2026 à Lagos, un contrat de 30 mois avec le groupe nigérian Dangote et MRS Oil & Gas. L’accord porte sur la fourniture et l’acheminement de produits pétroliers raffinés vers le marché camerounais, toujours dépendant des importations depuis l’arrêt de la raffinerie nationale en 2019.
Selon les informations communiquées, le contrat répartit les responsabilités entre les trois partenaires : Dangote fournira les produits raffinés, MRS assurera leur transport et les opérations logistiques, tandis que la SONARA en sera l’acheteur et le distributeur national. MRS prendra également en charge les risques liés à la quantité, à la qualité et à l’assurance des cargaisons jusqu’à leur arrivée à Limbe, dans le sud-ouest du pays.
Les volumes concernés restent toutefois à clarifier. Certaines sources évoquent une couverture de 50 % des besoins nationaux, tandis que d’autres indiquent que Dangote fournira la moitié de la part attribuée à la SONARA, estimée à 80 % du marché.
Cette différence ne permet pas de retenir un taux unique. Le contexte reste marqué par le poids des importations : selon les données rapportées par EcoMatin, le Cameroun a importé 2,02 millions de tonnes de produits pétroliers blancs en 2025, pour une facture d’environ 1,2 milliard d’euros.
Le montage prévoit également un mécanisme de garanties bancaires entre les partenaires. MRS doit émettre une lettre de crédit en faveur de Dangote, tandis que la SONARA en émettra une au bénéfice de MRS.
Ce dispositif vise à sécuriser le paiement des cargaisons, alors que la société publique rencontre des difficultés à financer directement ses achats. En septembre 2026, elle avait par ailleurs obtenu un financement de 189 millions d’euros auprès de la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC), destiné à soutenir ses opérations.
Cet accord organise les importations à court et moyen terme, mais ne règle pas la question de la capacité nationale de raffinage.
La reconstruction de la SONARA, estimée à environ 1,1 milliard d’euros, prévoit une capacité de traitement de 3,5 millions de tonnes de brut par an. Sa concrétisation reste conditionnée à la mobilisation des financements, à la réalisation des travaux et à la sécurisation des approvisionnements en pétrole brut.










