Washington a annoncé le retrait des deux pays du régime de préférences commerciales accordé aux États africains à compter du 1er janvier 2027. La mesure concerne notamment les exportations sud-africaines de pièces automobiles, de produits agricoles et de vin, ainsi que les ventes rwandaises de café et de minerais vers le marché américain.
Les États-Unis ont annoncé, le 2 novembre 2026, leur décision de suspendre l’Afrique du Sud et le Rwanda du régime de préférences commerciales prévu par la Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique (African Growth and Opportunity Act – AGOA). La mesure prendra effet le 1er janvier 2027.
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a indiqué que les deux pays ne remplissaient plus les critères d’éligibilité du programme, qui accorde un accès en franchise de droits de douane au marché américain pour plusieurs milliers de produits originaires d’Afrique subsaharienne.
Washington évoque notamment des obstacles au commerce et à l’investissement, des préoccupations relatives aux droits humains et des pratiques considérées comme contraires à ses intérêts de sécurité et de politique étrangère.
L’Afrique du Sud, premier bénéficiaire du dispositif, est particulièrement concernée par cette décision. En 2025, le pays a exporté environ 1,7 milliard de dollars de marchandises vers les États-Unis dans le cadre de l’AGOA. Les produits concernés comprennent notamment les pièces automobiles, les agrumes et le vin.
Le secteur automobile et les filières agricoles pourraient ainsi perdre une partie de leurs avantages tarifaires sur le marché américain.
Le ministère sud-africain du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence a toutefois rappelé que les exportations réalisées sous AGOA représentent environ 10 % des ventes totales du pays vers les États-Unis et 1 % de ses exportations mondiales. Pretoria a annoncé qu’il accompagnerait les secteurs affectés et poursuivrait les discussions commerciales avec Washington.
Pour le Rwanda, les exportations concernées portent principalement sur le café et les minerais. Les autorités américaines ont notamment évoqué des préoccupations concernant l’État de droit et les droits humains.
Cette décision intervient alors que Washington a récemment imposé des sanctions à plusieurs responsables et institutions rwandais, dont le ministère de la Défense, dans le contexte du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo.
Le Rwanda était déjà soumis depuis 2018 à une suspension partielle de l’AGOA, qui l’empêchait d’exporter des vêtements vers les États-Unis dans le cadre du programme.
Créé en 2000, l’AGOA constitue depuis plus de deux décennies un instrument central de la politique commerciale américaine en Afrique subsaharienne. Son dispositif repose sur des critères d’accès liés notamment à l’ouverture des marchés, à la gouvernance et au respect de l’État de droit.
Face à la décision américaine, l’Afrique du Sud a indiqué vouloir poursuivre la diversification de ses débouchés, notamment vers des partenaires comme la Chine. Le gouvernement de Cyril Ramaphosa avait déjà évoqué cette possibilité avant l’annonce de Washington.










