Le Cameroun a engagé la 11e phase de mise en œuvre de l’Accord de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne. Depuis le 4 août 2026, les produits européens relevant du groupe 3 bénéficient d’un démantèlement tarifaire de 70 %, tandis que ceux des groupes 1 et 2 sont désormais totalement exonérés de droits de douane à l’importation.
Dans un communiqué signé le 4 août 2026, le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, a annoncé l’entrée en vigueur de la 11e phase de l’Accord de partenariat économique (APE) entre le Cameroun et l’Union européenne.
Cette nouvelle étape porte à 70 % le taux de réduction des droits de douane sur les marchandises européennes du groupe 3, contre 60 % lors de la phase précédente. Les produits des groupes 1 et 2 bénéficient désormais d’un démantèlement tarifaire de 100 %, conformément au calendrier de mise en œuvre de l’accord.
Le groupe 3 rassemble des produits pour lesquels le Cameroun a choisi de maintenir une protection tarifaire plus longue, notamment les carburants, le ciment, les véhicules de tourisme, les véhicules de transport de personnes, les motocycles ainsi que certains biens d’équipement et produits finis.
Les groupes 1 et 2 concernent principalement les médicaments, les équipements médicaux, les intrants agricoles, les machines industrielles, les ordinateurs, le clinker, le plâtre, les groupes électrogènes ou encore certains véhicules destinés au transport de marchandises. Le démantèlement des droits de douane sur les produits du groupe 3 se poursuit à un rythme de 10 % par an et devrait atteindre 100 % en 2029.
Selon les autorités camerounaises, l’accord permet également aux produits camerounais éligibles d’accéder au marché européen en franchise de droits de douane et sans contingentement, sous réserve du respect des règles d’origine et des exigences sanitaires, phytosanitaires, techniques et de traçabilité prévues par l’APE.
Les exportations concernées incluent notamment les bananes, l’aluminium, les produits transformés du cacao, le contreplaqué ainsi que plusieurs produits agricoles frais et transformés.
La mise en œuvre progressive de l’APE continue toutefois d’alimenter le débat sur son impact budgétaire. Selon les données publiées par les autorités camerounaises, les pertes fiscales cumulées liées au démantèlement tarifaire étaient estimées à 95,7 milliards de FCFA à fin mai 2025, tandis qu’EcoMatin les évalue à 103,6 milliards de FCFA depuis l’entrée en vigueur de l’accord en 2016.
Les partisans de l’accord mettent en avant la réduction du coût des équipements et des intrants importés ainsi que les débouchés offerts sur le marché européen, alors que ses détracteurs soulignent les pertes de recettes douanières et la concurrence accrue pour certains producteurs locaux.









