Le Cameroun a autorisé la signature d’un accord de crédit de 347,5 millions d’euros avec la Banque internationale pour la reconstruction et le développement, branche de la Banque mondiale, pour financer la modernisation du corridor reliant Douala à Bangui. Long de plus de 1 400 km, cet axe assure plus de 80 % du commerce extérieur de la République centrafricaine, selon la Banque mondiale.
Par un décret signé le 2 octobre, le président camerounais Paul Biya a autorisé le ministre de l’Économie à conclure avec la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) un accord de crédit de 347,5 millions d’euros, soit environ 391 millions de dollars.
Ce financement constitue la contribution camerounaise à un programme régional de la Banque mondiale destiné à améliorer le corridor économique Douala-Bangui. L’axe relie le port de Douala à Bangui sur plus de 1 400 km et traverse notamment Yaoundé, Bertoua et Garoua-Boulaï avant de rejoindre la République centrafricaine.
Selon la Banque mondiale, plus de 80 % du commerce extérieur centrafricain emprunte ce corridor, ce qui en fait un axe majeur pour l’approvisionnement du pays et ses échanges avec les marchés internationaux.
L’institution estime qu’un trajet entre Douala et Bangui peut durer de 9 à 12 jours dans des conditions normales et que le coût du transport peut atteindre 270 dollars par tonne.
Son diagnostic recense également 38 postes de contrôle sur la partie camerounaise du corridor, dont 17 associés à des paiements informels. La dégradation de certaines sections routières et les difficultés d’entretien figurent également parmi les contraintes identifiées.
Le financement camerounais s’inscrit dans un programme régional de 1,12 milliard de dollars approuvé par la Banque mondiale en juin 2026.
La première phase, estimée à 525 millions de dollars, prévoit notamment la reconstruction d’environ 164 km de la route nationale 3 entre Yaoundé et Édéa, avec la correction de virages dangereux, l’aménagement de voies de dépassement et l’installation de stations de pesage numérisées.
Le programme comprend également des études sur d’autres sections du corridor, ainsi que le développement de routes de desserte, d’infrastructures logistiques et de dispositifs destinés à faciliter le transit des marchandises.
Le gouvernement camerounais a par ailleurs autorisé, par un second décret, la signature d’un financement de 212,4 millions d’euros auprès de la Banque islamique de développement pour réhabiliter 218,9 km entre Bekoko et Bandjoun, sur l’axe Douala-Bafoussam.
Les deux opérations représentent au total plus de 560 millions d’euros de financements nouveaux destinés aux infrastructures routières camerounaises.
Pour le corridor Douala-Bangui, la Banque mondiale souligne toutefois que l’amélioration durable des conditions de transport dépendra également de l’entretien du réseau, du contrôle des charges à l’essieu et de la réduction des obstacles au passage des marchandises.









