Le Kenya intensifie sa coopération en matière de sécurité maritime avec plusieurs partenaires internationaux, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Italie. Cette stratégie vise à renforcer la protection des routes commerciales reliant l’océan Indien et la mer Rouge, dans un contexte marqué par les risques de piraterie et les attaques contre la navigation commerciale dans la région.
La présence récente de deux navires de la Royal Navy britannique au port de Mombasa, le HMS Dragon et le RFA Lyme Bay, s’inscrit dans ce renforcement de la coopération entre Nairobi et Londres. Leur escale intervient dans le cadre du partenariat stratégique Kenya–Royaume-Uni pour la période 2025-2030, qui couvre notamment les questions de sécurité maritime.
Depuis le début de l’année, Mombasa a également accueilli des bâtiments de la marine italienne dans le cadre d’une mission de lutte contre la piraterie, ainsi que des navires français participant à la coopération militaire entre les deux pays.
Cette coopération intervient alors que la sécurité des voies maritimes constitue un enjeu direct pour le commerce extérieur et la logistique régionale.
Le port de Mombasa dessert le marché kényan mais constitue également une porte d’entrée et de sortie pour plusieurs pays d’Afrique de l’Est et centrale, notamment l’Ouganda, le Rwanda, le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo.
En 2025, le port a traité un volume record de 45,45 millions de tonnes de marchandises, dont 15,88 millions de tonnes destinées aux pays voisins, tandis que le trafic conteneurisé a atteint 2,11 millions d’EVP.
Le Kenya cherche également à renforcer les mécanismes de surveillance et de partage d’informations face aux risques affectant la navigation dans l’océan Indien, le golfe d’Aden et la mer Rouge.
Le pays participe notamment à des dispositifs de coopération avec des organisations internationales de sécurité maritime et utilise la plateforme Indo-Pacific Regional Information Sharing (IORIS) pour faciliter l’échange d’informations et la coordination des réponses aux incidents.
L’enjeu dépasse toutefois le seul port de Mombasa. Le développement du port de Lamu, deuxième plateforme maritime du pays, s’inscrit également dans cette évolution des routes commerciales régionales.
Selon les données de la Kenya Ports Authority, le port avait accueilli 167 navires depuis le début de l’année, contre moins de 50 sur la même période en 2025.
Dans un environnement marqué par les perturbations de la navigation au Moyen-Orient et dans la mer Rouge, la sécurisation des corridors maritimes apparaît ainsi comme une composante croissante de la politique commerciale et logistique du Kenya.









